07 avril 2013

Kelmscott pas-à-pas — 3. Les manches et les emmanchures (et un peu de maths !)

J'ai mes échantillons, les patrons annotés avec mes mesures : il ne reste plus qu'à faire quelques calculs et je peux monter les mailles pour faire les manches. Le bas est orné d'un petit motif placé au milieu et tout le reste est en jersey.

Comme ce sont des manches montées, la tête de manche est arrondie. Je n'ai pas le même nombre de mailles que le modèle, mais j'arrive à faire un arrondi à peu près identique en modifiant légèrement les explications. Je vérifie que le nombre de diminutions (donc le nombre de rangs) me donne la hauteur que je veux pour la tête de manche (même hauteur que sur le patron).

kelmscott-schema-manche.jpgJe reporte ensuite tout sur le patron (centimètres, nombre de mailles et nombre de rangs) et j'ai ainsi mes explications personnalisées, qu'il m'est facile de suivre.

Une fois la manche terminée, je la pose à plat et je passe un léger coup de fer vapeur (sans appuyer). Je vais maintenant poser mon échantillon numéro 3 (celui de l'emmanchure) sur le bord de la manche, de façon à repérer sur la manche le point correspondant à l'endroit où s'arrête la diminution d'emmanchure. Sur le schéma suivant, cela correspond au point b :

kelmscott-emmanchure-2-note.jpg

Le point a correspond au dessous du bras, au niveau de la couture de côté.

Je vais maintenant mesurer le pourtour de la tête de manche entre le point b et le point c (qui correspond à la couture de l'épaule). Pour que la manche soit bien ajustée à l'emmanchure, la longueur entre les points b et c sur la manche devra être la même que la longueur entre les points b et c sur le dos ou les devants :

kelmscott-emmanchures-4.jpg

kelmscott-emmanchure-3-note.jpg

Je sais donc maintenant quelle sera la hauteur entre la fin des diminutions de l'emmanchure (point b) et le bord de l'épaule (point c). La hauteur entre le début des diminutions (au niveau du point a) et la fin des diminutions (au niveau du point b) est mesurée sur mon échantillon d'emmanchure, ce qui donne 4,5 cm :

kelmscott-emmanchure-1-note.jpg

J'ai donc maintenant la hauteur entre le début des emmanchures et le début des épaules, et j'en déduis la hauteur du bas jusqu'aux emmanchures et la position de la taille par rapport au bas.

Ces calculs pourront sembler un peu compliqués et vouloir à tout prix faire coïncider la tête de manche et l'emmanchure au centimètre près est peut-être un peu poussé pour un tricot qui, par définition, est quelque chose d'élastique et tolèrerait probablement d'être ajusté avec un peu point de précision. Mais j'aurais au moins la satisfaction d'avoir réalisé un vêtement « juste comme il faut ». 

Pourrait-on faire plus simple ?

82-knitting-pattern-essentials.jpgAlors que ce tricot est en cours, je suis en train de lire Knitting Pattern Essentials, de Sally Melville. Je n'en suis encore qu'au chapitre 2, mais je peux d'ores et déjà le conseiller car c'est une mine d'informations intéressantes pour celles qui veulent soit réaliser des modèles qu'elles ont dessinés, soit simplement adapter des patrons. Ce livre parle uniquement de pulls, gilets et cardigans et décortique toutes les formes possibles pour chaque élément (silhouette du pull, types de manches, d'encolures, de cols, d'ourlets, etc.) en donnant des règles pour déterminer la mesure de chaque élément.

Dans le chapitre 2 que je suis en train de lire, l'auteure explore justement les différents types d'emmanchure (emmanchure droite, emmanchure droite modifiée, manches montées, manches raglan). Elle indique par exemple quelle est la largeur typique de la manche pour chacun des styles, en fonction de la taille et de la grosseur de la laine. En effet, une manche droite est assez large alors qu'une manche montée sera plutôt ajustée. 

En ce qui concerne les manches montées, l'auteure suggère d'utiliser des formes simples. Selon elle, il n'est pas nécessaire d'avoir un bel arrondi et l'on peut tout à fait se contenter d'une forme comme celle-ci :

manches-montees.jpg

La forme est donnée ici par quelques mailles rabattues sur le premier rang, puis régulièrement chaque côté jusqu'à la hauteur et la largeur souhaitées. L'auteure donne des indications pour déterminer la hauteur de la tête de manche et la largeur en haut de celle-ci en fonction de la profondeur d'emmanchure. Les diminutions étant faites régulièrement, il est facile de calculer la « pente » du haut de la manche par rapport aux dimensions de l'emmanchure. 

L'auteur nous assure qu'en raison de l'élasticité du tricot, il n'est pas nécessaire de faire des formes plus arrondies et que cette manche est parfaite ainsi construite. 

C'est une technique qui peut donc être intéressante et que j'essaierai sûrement de mettre en œuvre pour mon prochain pull. En attendant, je continue la lecture de ce livre et je continue mon tricot en suivant ce que j'ai préparé plus haut.

Kelmscott pas-à-pas — 2. Les échantillons

Non, il n'y a pas d'erreur dans le titre, j'ai bien écrit les échantillons, et pas un. Dans le billet précédent, je disais comment je comptais adapter ce tricot à mes mesures. Il est donc logique que je tricote quelques échantillons avant de commencer, afin de pouvoir avoir une base fiable pour mes calculs.

Les échantillons permettent aussi de « tester » la laine, de voir si le rendu me plaît pour ce que je veux en faire, et de me familiariser avec les points utilisés. 

Premier échantillon : le jersey

Sur le patron, il est indiqué qu'un carré de 10 x 10 cm fait 20 mailles et 27 rangs avec des aiguilles 4,5 mm. Sur l'étiquette de la pelote que je vais utiliser, il est indiqué 20/21 mailles et 26/28 rangs. Parfait ! Je devrais donc pouvoir suivre les indications du patron pour la taille désirée, sans être obligée de refaire les calculs.

Je tricote quand même un échantillon. C'est-à-dire que je tricote un carré d'environ 15 cm de côté en jersey avec les aiguilles 4,5. 

Ensuite je lave mon échantillon, de la même façon que je laverai le tricot. Je le lave donc en suivant les conseils notés sur la pelote, c'est-à-dire à la main, sans le laisser tremper trop longtemps. Je le laisse ensuite sécher à plat puis je termine par un très léger coup de fer vapeur.

Je mesure 10 cm sur mon échantillon et là, surprise ! Je n'arrive pas du tout au nombre qui était indiqué, mais vraiment pas du tout ! Chez moi, 10 cm représentent 17 mailles et 24 rangs, ce qui fait environ 15% d'écart. Je n'ai pourtant pas tricoté trop lâche (en général mes échantillons correspondent à ce qui est indiqué par le fabricant, ce qui me laisse penser que je tricote ni trop lâche ni trop serré). De plus l'aspect de la pièce tricoté me convient : cela donne un résultat qui ne sera pas trop serré ni trop mou. Je vais donc devoir refaire tous les calculs à partir du patron.

Deuxième échantillon : le motif principal

Le devant du pull est orné de motifs sur environ deux tiers d'un devant. Comme cela arrive souvent, ce type de point demande plus de mailles que du jersey pour une même largeur. On doit donc faire un échantillon de ce motif afin de pouvoir déterminer la largeur que ce motif occupera sur chaque devant. Tout est bien sûr prévu dans le patron, dans lequel il est indiqué qu'un motif de 41 mailles mesure 17 cm de large. 

Je tricote donc un échantillon de ce motif que les 41 mailles (plus quelques mailles de jersey de chaque côté). Après lavage, il se trouve que cette fois, mon tricot correspond mieux à celui du modèle : le mien mesure 18 cm de large, contre 17 cm pour le modèle. 

kelmscott-echantillon-motif.jpg

Troisième échantillon : les emmanchures

Celui-là n'est pas prévu dans le patron, mais il m'est utile pour bien ajuster la hauteur d'emmanchure par rapport à la tête de manche. Dans un ancien billet, j'avais expliqué que pour un tricot avec des manches montées, je tricote d'abord le dos et je laisse les mailles en attente un peu avant les diminutions d'épaules, puis je tricote une manche. Je reprends alors le dos et je tricote la hauteur voulue pour que les deux pièces soient bien adaptées l'une à l'autre. Cela évite d'avoir un manche qui fronce car elle est trop large par rapport à la hauteur d'emmanchure ou, au contraire, une couture qui tire au niveau de la manche car celle-ci n'est pas assez large par rapport à la hauteur d'emmanchure.

Pour ce gilet, je vais procéder un peu différemment et commencer par une manche. Comme je l'ai dit la dernière fois, ce gilet est cintré à la taille et je dois donc placer cette taille à la bonne hauteur par rapport au haut du gilet (et non pas par rapport au bas). Pour calculer au plus juste l'emplacement de la taille, je dois donc savoir quelle sera la hauteur d'emmanchure. Je pourrais bien sûr me baser sur les schémas du patron, mais comme je vais devoir refaire tous les calculs, il n'est pas certain que la forme de la tête de manche que je tricoterai soit la même que celle du modèle. Ce qui veut dire que j'aurai peut-être plusieurs centimètres d'écart sur la hauteur de manche par rapport à ce qui est indiqué sur le modèle.

Je vais donc faire une « maquette » de l'emmanchure, afin de pouvoir calculer au mieux la hauteur d'emmanchure par rapport à la tête de manche. Je m'en servirai quand j'aurai terminé de tricoter la première manche.

kelmscott-emmanchure-1.jpg

Je n'ai plus qu'à faire quelques règles de trois, pour déterminer le nombre de mailles à monter, le nombre de rangs à tricoter et comment répartir augmentations et diminutions.

30 mars 2013

Kelmscott pas-à-pas — 1. Adapter le patron à ses mesures

Lorsqu’on tricote, même si l’on suit un modèle, on peut l’adapter à ses mesures. Je me suis cependant pendant longtemps contentée de suivre les patrons de tricot en prenant celui qui me convenait en largeur. J’ai cependant remarqué qu’en général les manches étaient un peu courtes à mon goût (j’aime bien quand une manche longue recouvre bien le poignet et ne s’arrête pas 3 cm au-dessus). 

C'est pourtant très simple : il suffit de commencer par prendre ses mesures. On conseille en général de prendre ses mesures avec les sous-vêtements que l'on portera sous le tricot et d'ajouter l'aisance nécessaire. 

Comment déterminer l'aisance du tricot ?

L’aisance est la différence entre la largeur du tricot fini et sa propre mesure. Elle est variable selon le style de tricot et la grosseur du fil. Plus le fil est gros, plus il faudra d’aisance. Un pull fin se porte plus près du corps qu’un gros pull de laine. On parle même d’aisance négative lorsque le pull est plus étroit que la largeur du corps. 

Mais comment je rentre dedans ? me direz-vous. Cela est possible parce que le tricot est une matière élastique, en particulier avec des points comme les côtes. Typiquement les « pulls-chaussettes » ont une aisance négative.

Le plus souvent, l’aisance n’est pas la même pour toutes les parties du corps. Au niveau du haut du buste, il est préférable d’ajuster le vêtement à la largeur du torse, mesurée entre les deux bras, alors qu’au niveau de la taille ou des hanches, il faut mieux avoir quelques centimètres de plus que la mesure prise sur son corps.

L’aisance peut aussi varier en fonction du type de vêtement : un gilet ou un cardigan aura besoin d’un peu d’aisance pour éviter que cela ne tire au niveau de la bande de boutonnage alors qu’un pull pourra être porté plus près du corps.
Il faut également penser à l’aisance pour les manches, en particulier au niveau des emmanchures. Une manche trop serrée n’est pas agréable à porter et peut en plus être disgracieuse.

Prendre modèle sur les vêtements qui nous vont

Pour ne pas se tromper, le plus simple est de prendre un vêtement (de préférence un tricot) qui nous va bien et de le mesurer, après l’avoir posé à plat. On prendra de préférence un vêtement du même style de celui qu’on veut faire. On ne va par exemple pas se baser sur les mesures d’un gros pull de ski pour se tricoter un petit pull d’été en coton fin.

Le mieux est de se faire une fiche par tricot. On y mettra soit la photo, soit un schéma du vêtement et on notera toutes les mesures. On notera également si le pull nous va parfaitement bien ou s’il y aurait des choses à changer, par exemple manches trop courtes, faire 2 cm de plus.

Voici un exemple d’une fiche que j’ai faite pour un de mes pulls. J’ai procédé de la même façon avec plusieurs tricots. Comme vous pouvez le voir, c’est loin d’être une œuvre d’art, mais cela a été très rapide à faire et j’ai tout sous la main pour faire des tricots à ma taille. 

P1160980.jpg

Quelles sont les mesures à prendre ? 

Celles que j'ai reportées sur le schéma ci-dessus sont :

A. Largeur du buste devant

B. Tour de poitrine

C. Tour de taille

D. Largeur du bas (qui correspond plus ou moins à la largeur au niveau des hanches)

E. Hauteur entre la taille et le bas du pull

F. Hauteur à l'emmanchure

G. Hauteur de l'emmanchure au haut du pull

H. Profondeur de l'encolure

I. Largeur de la manche, mesurée au niveau de l'emmanchure, là où elle est le plus large. 

J. Largeur du poignet

K. Largeur de l'encolure, mesurée sans tenir compte de la bordure.

L. Hauteur de la manche, du poignet à l'emmanchure

M. Longueur milieu dos – poignet

NOTES :

  • Pour la mesure E, il serait plus judicieux de mesurer la position de la taille par rapport aux épaules plutôt que par rapport au bas car la hauteur dos-taille restera constante, alors que la hauteur taille-bas changera en fonction de la hauteur du vêtement. Mais comme j’ai mesuré également la hauteur à différents endroits, ceci est facile à calculer.
  • Pour la hauteur de manche, il est plus intéressant d’avoir la longueur totale entre le milieu du dos et le poignet, car celle dimension pourra être prise comme base pour n’importe quel pull à manches longues, quels que soient la largeur de de l’encolure ou de l’épaule ou encore le type de manche. Cette mesure est tout aussi valable pour des manches montées que des raglans ou des emmanchures chauve-souris.
  • Si le pull est tout droit et n’est pas marqué à la taille, il suffit de mesurer la largeur du pull.
Pour un pull raglan ou un pull à empiècement en rond, on pourra également mesurer la longueur entre l’emmanchure et l’encolure, comme dans l’exemple ci-dessous (mesure H). Il faut également la hauteur et la largeur de l’encolure pour avoir tous les repères nécessaires. mesure-pull-yoke.jpg

Petit truc pour mesurer la hauteur du dos sur soi

hauteur-taille.jpg

Si le tricot à réaliser est marqué à la taille comme dans le premier exemple ci-dessus et si l’on n’a pas déjà ce genre de tricot, ou si l’on veut simplement être sûre que la taille sera placée à la bonne hauteur, il faut mesurer la hauteur depuis l’épaule jusqu’à la taille. Prendre ces mesures soi-même n’est pas toujours très simple, aussi j’ai un truc pour y arriver aisément.

Je mets un T-shirt plutôt ajusté (il vaut mieux éviter d’avoir des plis) en prenant garde que la couture de l’épaule soit bien au milieu de l’épaule puis je colle un morceau d’adhésif au niveau de la taille, ce qu’il m’est assez facile de sentir dans le dos. Ensuite, il suffit de poser le T-shirt à plat et de mesurer. Je pourrai ainsi à coup sûr positionner la taille du vêtement là où est ma taille et pas forcément celle du modèle.
Une fois toutes ces mesures notées, je peux adapter le modèle à mes mesures.

Le patron de Kelmscott est plutôt classique : c’est un gilet à encolure en V, cintré à la taille et à manches longues montées. Toute l’originalité du modèle réside dans le motif qui orne le devant et le grand col, ainsi qu'un extrait du motif au bas du dos et des manches.

Comment adapter le modèle à ses mesures

Une fois les mesures prises, il faut regarder si celles proposées sur le patron correspondent. À cet effet, il est très utile d'avoir un modèle qui donne toutes les mesures du tricot. Si ce n'est pas le cas (comme cela arrive avec les patrons anglo-saxons), il n'y a plus qu'à lire attentivement les explications et à reconstruire le patron en convertissant le nombre de mailles et de rangs en centimètres d'après l'échantillon donné dans les explications.

Le patron de Kelmscott est très bien fait de ce point de vue et les schémas présentent clairement toutes les dimensions et ce, pour 6 tailles différentes.

Pour adapter ce modèle, je vais d’abord comparer les dimensions proposées dans le patron et les dimensions relevées sur un gilet de forme similaire qui me va bien. J’ai relevé quelques modifications à apporter.modifications-kelmscott.jpg

Largeur du gilet : les dimensions proposées pour la taille 45'' correspondent à peu près à ceux de mon gilet, donc je les prends telles quelles. Il s’agit ici de la largeur dos, du tour de taille et du tour du bas du gilet.

Longueur de la manche : les dimensions données sur le patron (demi-largeur dos + hauteur totale de manche) donnent 80 cm du milieu dos jusqu’au poignet. Comme il me faut 85 cm, je vais donc faire la manche 5 cm plus long que sur le patron. Je ne change pas la hauteur de la tête de manche, mais la hauteur du poignet jusqu’à m’emmanchure. La largeur de manche proposée pour la taille 45 correspond à celles que j’ai habituellement. Même chose pour les poignets. Je vais donc garder les mesures du patron.

Hauteur du gilet : le modèle original fait environ 60 cm de hauteur, mais je trouve plus confortable de faire 67 cm. Je vais donc l’allonger un peu, tout en prenant garde à positionner la taille à la bonne hauteur par rapport aux épaules. Les cm supplémentaires que je vais devoir tricoter ne seront donc pas forcément en bas du gilet, mais pourront être répartis dans la partie basse du pull, dans la partie entre la taille et les emmanchures, et peut-être aussi dans la partie au-dessus des emmanchures. Je déterminerai ceci par la suite, lorsque j’aurai tricoté une manche. Vous comprendrez pourquoi dans le 3e épisode.

Je note sur le patron les mesures que je vais utiliser ainsi que les modifications apportées. Il faudra ensuite convertir les centimètres en mailles et en rangs. La prochaine étape du tricot sera donc la réalisation des échantillons.

Kelmscott, un tricot pas-à-pas

Kelmscott, de Carol SundayLe début de printemps étant plutôt frais, il est encore possible de tricoter des pulls plutôt chauds et même de les porter avant la canicule. Ce sera un gilet avec des motifs à torsades sur le devant et sur le col, Kelmscott, de Carol Sunday.  Le patron est en vente sur Twist Collective (un correctif a également été publié sur le site).

J'ai en stock (depuis plus de deux ans !) le fil pour le tricoter : 14 pelotes de Drops Angora-Tweed, un mélange de 70 % de laine mérinos et 30 % d'angora (qui n'est plus disponible). Le fil est naturellement doux, un peu chiné et pas poilu car bien tordu.

Drops-Angora-Tweed.jpg

Je vais profiter de la réalisation de ce tricot pour montrer comment je procède pour ce type d'ouvrage. Ici le fil utilisé est différent de celui utilisé par le modèle. Il devrait donner un échantillon similaire, mais rien n'est jamais sûr et je vais très certainement faire un peu de maths (rien de compliqué, rassure-vous !) avant de commencer à tricoter.

Mais avant cela, il faut vérifier que les mesures données dans le patron correspondent à ma taille et faire les éventuelles modifications. C'est que que nous verrons dans un prochain billet.

23 mars 2013

Gilet simple en Noro Kochoran

Knitting NoroJ'ai commencé ce gilet le 14 janvier, avec l'intention de le terminer avant la fin de l'hiver. Le tricot a fait un petit voyage dans les Alpes, mais ce n'est pas pendant mon séjour à la montagne qu'il a beaucoup avancé. Mais les températures hivernales étant encore au rendez-vous en cette mi-mars, j'ai quand même réussi à atteindre mon objectif et j'ai donc pu porter le gilet durant les quelques derniers jours d'hiver, ce qui a été d'autant plus appréciable que nous avons eu de la neige et des températures encore bien hivernales, même si le calendrier nous disait « ça y est, c'est le printemps ».
Pour le modèle, je me suis basée sur le Basic jacket de Jane Ellison, paru dans le catalogue Knitting Noro. Le modèle original est tricoté en Noro Kochoran, un mélange 50% laine, 30% angora, 20% soie. Inutile de vous dire que c'est une laine très douce et agréable à tricoter. De plus, avec des aiguilles n° 6, le tricot monte assez vite.
Le modèle n'a rien de particulièrement difficile. C'est un gilet avec des manches montées, une bande de boutonnage devant, une forme droite et un décolleté en V. Tout ce qu'il y a de plus classique. Ici, toute la fantaisie est dans la laine et un modèle en jersey tout simple suffit à la mettre en valeur. Ce n'est pas parce que le modèle est simple qu'on peut se passer de l'adapter à ses mesures. C'est même indispensable quand on réalise un modèle japonais et qu'on fait une taille 42 ou plus, car ces modèles sont souvent donnés pour un petit gabarit et même souvent en une seule taille. Ici, l'adaptation n'est pas difficile car la forme et le point sont simples. Je me suis basée ici — pour la largeur et la hauteur du gilet — sur des tricots qui me vont bien.

Bordure : des côtes plutôt que du jersey

Le modèle original n'a pas de bordure dans le bas du tricot : tout est tricoté en jersey, dès le premier rang, aussi bien pour le corps que pour manches. J'ai préféré faire quelques centimètres de côtes 2/2 pour éviter d'avoir un bord qui roule et donner ainsi un aspect plus fini à l'ouvrage. 
Pour monter les mailles, j'avais l'habitude d'utiliser le montage tubulaire (voir l'explication en vidéo sur le site de Drops), bien adapté lorsqu'on commence par des côtes 1/1. Il n'est cependant pas adapté à tout, et comme il existe une grande variété de styles de montage, cela vaut la peine d'en expérimenter quelques-unes et de voir si elle sont adaptées à ce que l'on veut en faire.  
Ma préférence va maintenant au montage twisted german cast-on (je ne connais pas le terme en français), qui est un montage très élastique, qui rend très bien pour une bordure en côte. C'est une variante du long tail cast-on (dont je ne connais pas non plus le terme en français).
Il est expliqué en vidéo sur http://www.youtube.com/watch?v=BfFadEumBak. Les commentaires sont en anglais, mais les images se suffisent à elles-mêmes.
simple-jacket-bord-cotes.jpg
J'ai tricoté la bordure de l'encolure un peu plus large que celui du modèle. Cela permet d'avoir une bordure qui se tient bien et qui n'est pas trop étroite par rapport aux boutons. Lorsqu'on tricote une bande comme celle-ci, on peut soit relever des mailles tout au long de l'encolure puis tricoter quelques centimètres et rabattre, soit tricoter la bande séparément puis la coudre sur le gilet. Je préfère cette deuxième méthode car elle donne plus facilement un joli résultat : 
  • Il est plus facile de monter les mailles pour avoir un résultat net et élastique (en particulier si l'on utilise la méthode décrite plus haut) que de les rabattre pour avoir le même résultat ;
  • Le bord de la bande de boutonnage a ainsi le même aspect que le bord du bas du gilet puisqu'on a utilisé la même méthode ;
  • La bande de boutonnage étant cousue au gilet maille par maille au point arrière, cela donne un résultat très régulier, plus facile à atteindre qu'en relevant des mailles sur le tricot.
simple-jacket-bande-boutonnage.jpgPour que la bordure soit à la bonne longueur, il faut mesurer précisément la longueur du bord. En prenant comme base les côtes du bas du gilet, on peut facilement calculer le nombre de mailles à monter. Faisant cela, il faut tenir compte du fait que les côtes sont élastiques : si l'on tire trop les côtes, le devant du gilet aura tendance à froncer au niveau du boutonnage, et si l'on ne tire pas du tout, on aura une bande de boutonnage qui aura tendance à gondoler. Il faut donc tirer sur les côtes juste assez pour avoir un résultat intermédiaire. Pour savoir quelle est la bonne option, rien de tel que de faire un échantillon. Eh oui ! Un échantillon, ça peut aussi servir à améliorer les finitions de son tricot ! Pour cela, tricoter par exemple une bordure d'environ 20 cm de large et faire des essais de couture sur le bord du gilet. On verra tout de suite quelle tension des côtes donne le meilleur résultat. Cela prendra peut-être une heure, mais cela en vaut la peine car une bordure mal ajusté rendra moche n'importe quel joli tricot.
Dans le cas de ce gilet, pour éviter d'avoir trop de mailles sur mon aiguille (n'étant pas une adepte des aiguilles circulaires), j'ai tricoté la bande en deux morceaux, que j'ai assemblés au niveau du dos. Cela a aussi d'autres avantages. La première partie était celle qui n'a pas de boutonnières. Une fois cette partie tricotée, je l'ai assemblée sur le corps du gilet en cousant maille par maille. Pour pouvoir assembler maille par maille, j'avais donc pris soin de terminer ma bordure par un rang endroit sur l'endroit, puis deux rangs avec une laine différente. Ces deux rangs sont ensuite détricotés au fur et à mesure que je couds la bordure. 
Une fois cette première moitié de bordure fixée sur le bord du gilet, j'ai pu noter de manière précises à quels endroits je devrais faire les boutonnières, en mettant des épingles sur la bande déjà tricotée et cousue.
J'ai pu également ajuster au mieux le nombre de mailles à monter pour le deuxième morceau de la bande, en faisant attention à avoir, dans le bas du gilet, une bordure commençant par 3 mailles endroit (dont 1 maille lisière). Les deux bandes sont donc symétriques :

Boutonnières

Pour les boutonnières, j'ai suivi les conseils dont j'avais parlé il y a peu de temps et qui consistent à faire les boutonnières sur un seul rang. Avec cette méthode, on obtient une boutonnière bien nette qu'il n'y a pas besoin de renforcer. 
Ici, j'ai fait les boutonnières sur 5 mailles. 
simple-jacket-boutonniere.jpg
Le résultat est un gilet très confortable, très chaud et très doux.
simple-jacket.jpg

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