Non, ce n'est pas l'angora, ni peut-être même le cachemire, mais un fil venant du duvet d'animaux vivant dans des contrées plutôt froides. Les plus chers (du moins les plus chers que j'ai vus jusqu'à présent) semblent être ceux venant des toisons du bison d'Amérique ou du bœuf musqué.

L'hiver la fourrure du bison est plus épaisse qu'en été, et elle est formée de deux types de poils : les poils de protection et le duvet. Le duvet est formé de poils très fin, de l'ordre de 12 à 29 microns de diamètre. Cela donne un fil très doux et très chaud, mais aussi très cher.

On peut en commander par exemple www.naturesluxury.com pour la modique somme de 63 euros la pelote de 50 grammes (180 mètres) à tricoter avec des aiguilles n° 3. Cela fait le pull à... Je ne sais pas combien de pelotes il faudrait pour un pull mais mon petit doigt me dit que ce serait de toute façon trop cher. Ce fil est mélangé à 10% de buffalon (mais il n'y a pas d'explication sur ce qu'est le buffalon). Bon, une écharpe ou un bonnet, alors ?

Dans la même gamme, il existe également le qiviut, qui est le duvet du bœuf musqué, un animal vivant dans les régions arctiques, en Alaska, au Canada et au Groenland. On imagine donc aisément qu'il a ce qu'il faut comme laine chaude sur le dos. Le poile est également très fin (11 à 13 microns de diamètre), aussi fin que le cachemire et huit fois plus chaud que la laine de mouton. Je ne sais pas comment on calcule qu'un fil est plus chaud qu'un autre, aussi je vais faire confiance aux spécialistes. Toujours sur le même site, il est possible d'acheter du qiviut au prix de 55 euros la pelote de 50 grammes (200 mètres). Le fil est très fin car à tricoter avec des aiguilles n°2. Il y a aussi une qualité plus épaisse, qui se tricote en 3,5, mais le prix passe à 39,50 pour 100 mètres de fils. Bon... je vais passer mon tour...

Si je ne savais pas jusqu'à aujourd'hui qu'il existait de la laine de bison, j'avais appris l'existence du qiviut en lisant Artic Lace. Ce livre parle du tricot en Alaska et présente point ajourés et modèles inspirés du tricot traditionnel d'Alaska. Il s'agit essentiellement de châles, écharpes et accessoires. Les villages ou les régions ont chacun un motif de tricot qui lui est propre. Deux chapitres sont consacrés au bœuf musqué, à son élevage et à la laine que l'on en tire. On peut y lire que le qiviut est plus doux que le cachemire, huit fois plus chaud que le cachemire et que c'est le plus solide des fils « exotiques ». L'auteur raconte d'ailleurs qu'au moment de bloquer un châle qu'elle venait de tricoter en qiviut, elle craignait de casser les fibres, mais au contraire elle a pu tirer sur le tricot et l'agrandir de plusieurs pouces sans endommager l'ouvrage très fin.

Mais j'y pense, même si c'est cher, c'est tout de même moins cher qu'un aller-retour en Alaska, non ?