Voilà quelques jours que je suis en Inde, pour mon travail. Plus exactement à Noida, ville nouvelle voisine de Delhi. Le jour de mon arrivée, on m'a demandé ce que j'aimerais faire le week-end et on m'a proposé de m'emmener faire du shopping samedi. À la question de savoir ce que j'aimerais rapporter comme souvenir, j'ai répondu que les kurtas, tuniques assez longues et fendues sur le côté, me plaisaient beaucoup. Et j'aimerais aussi de la laine... (avec le secret espoir de trouver du cachemire pas cher)

Rendez-vous donc pour samedi. Charu, qui me servira de guide, doit venir me chercher à l'hôtel vers 9 heures. Nous partons en voiture vers Indira Market, qui n'est en fait pas très loin de l'hôtel, mais il semble que les Indiens suffisamment aisés pour avoir une voiture (et un chauffeur, car conduire ici demande une certaine habileté pour ne pas dire un certain culot) ne pratiquent pas la marche à pied, ne serait-ce que pour faire 500 mètres. 

Nous arrivons à Indira Market :

Ce pas tout à fait ce que je m'étais imaginé en regardant le plan, mais si c'est ici que nous allons faire des affaires, ça vaut le coup de tenter.

Noida-Indira-Market-1.jpgCharu doit se renseigner pour localiser la boutique de laine, qui se trouve au fond d'une ruelle. Je suis docilement ma guide dans des passages étroits, en regardant où je mets les pieds pour éviter les flaques d'eau, les trous dans le sol ou tout ce qui pourrait traîner à terre. Heureusement que je suis accompagnée, car je n'aurais jamais osé m'aventurer ici toute seule. 

Manque de chance, la boutique de laine est encore fermée. Nous partons faire quelques autres courses en attendant l'ouverture de la boutique. Après trois tentatives, Charu finit par trouver la responsable de la boutique ou du moins une vendeuse, qui relève le rideau de fer de la boutique. Ici, pas de vitrine ni de présentoir luxueux. Juste un écriteau qu'on pose dans la rue lorsque la boutique est ouverte. On passe directement de la rue au comptoir. Rien à voir avec le rayon laine du Bon Marché. Une partie des pelotes ou des écheveaux sont stockées sur des étagères, le reste étant tassé dans de grands sacs en plastique.

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Ce n'est pas ici que je trouverai le cachemire des mes rêves pour 3 francs 6 sous, mais je ne me vois pas non plus repartir les mains vides. Le choix se fait donc en fonction de la couleur et de l'aspect plus ou moins doux au toucher. Difficile de savoir ce que c'est car il n'y a qu'une petite étiquette accrochée aux écheveaux. Je verrais cela plus tard. Je choisis un fil dans les tons bleus et verts qui me semble idéal pour un petit cardigan léger, un autre un peu plus gros gris clair, ainsi qu'un autre gris foncé de la même qualité. J'y ajouter un fil fantaisie un peu brillant qui devrait se retrouver en écharpe. 

Une fois l'addition faite, la vendeuse annonce un prix qui semble beaucoup trop élevé à Charu. Elle me dit "Viens, c'est trop cher, on s'en va". Ce n'est pas tout à fait mon avis, mais elle est sûre d'elle et je le suis donc dans la rue. J'ai la nette impression d'avoir perdu mon temps. Une fois dehors, elle m'explique que tout cela n'est qu'une technique pour faire baisser le prix et que si nous attendons une minute dehors, la vendeuse va nous rappeler. 

Effectivement, la vendeuse nous rappelle et nous propose de baisse le prix. Je lui laisse donc 600 roupies (environ 9 euros), et je repars avec mon petit paquet :

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Renseignements pris sur Ravelry au retour, le fil bleu-vert est de l'acrylique de la marque Vardhman, et les autres sont sûrement aussi du 100% acrylique, mais de marque non identifiée. Pas de quoi rentabiliser le voyage, mais au moins aurai-je acheté de la laine en Inde.

Je profite de l'occasion pour préparer ma garde-robe d'été :

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Les tuniques existent en dizaines de modèles différents, chacun en 3 ou 4 tailles. Cela ne dérange apparemment pas les clients de défaire des piles entières de tuniques bien pliées, jusqu'à trouver le modèle qui plaît (ou ne rien trouver du tout). Je comprends vite que les commerçants sont là pour ranger derrière les clients. Après 10 ou 15 minutes de déballage, je trouve quelques modèles qui me plaisent et je m'apprête donc à payer. Mais ce serait oublier qu'ici le marchandage est de rigueur. D'après les étiquettes, j'en aurai pour 800 roupies pour mes 2 tuniques (environ 12 euros), mais il n'est pas question de payer ce prix. Je laisse Charu discuter. Le vendeur ne veut pas descender sous 700 roupies. Selon elle, c'est trop cher. Tant pis, nous sortons de la boutique. Je n'étais pas à 2 euros près et ça me casse les pieds d'avoir passé un quart d'heure pour trouver mon bonheur, tout ça pour rien.

Dans la boutique suivante, c'est la même histoire. Nous revenons donc à la première boutique, et là, étrangement, le vendeur veut bien nous céder la marchandise pour 600 roupies, ce qui est un prix acceptable d'après ma guide. Ouf ! Je n'aurai finalement pas perdu mon temps. Je commence à comprendre que ce sera le même marchandage à chaque boutique. Tant pis, je prendrai mon mal en patience.

boutique-1.jpgEn fait, ce n'est pas tout à fait exact. Dans les marchés tels que celui où nous sommes allés (où il n'y a pas toujours d'étiquette), il faut marchander. Mais il y a aussi des boutiques qui ressemblent un peu plus à celles que nous avons en France, et dans lesquelles on paie le prix indiqué sur l'étiquette. C'est un peu plus cher, mais la qualité est souvent meilleure. En tout cas, cela me va mieux. Je n'ai pas envie de passer la moitié de mon temps pour rabioter de 100 roupies. Ici, comme dans les boutiques que nous avions visitées avant, Charu tâte l'étoffe pour savoir si le tissu est bien ou pas et elle met de côté tout ce qui lui semble ne pas être de qualité convenable. 

Je lorgne vers des ensembles (pantalon large, longue tunique en général brodée et étole assortie) qui feront une tenue que je pourrai mettre lors d'une sortie habillée. Les prix tournent autour de 3000 à 6000 roupies, ce qui paraît monstrueusement cher à Charu. Inutile de lui expliquer que je ne vais pas me ruiner en dépensant 60 euros pour une tenue habillée. Elle me propose alors d'acheter le tissu et de passer ensuite chez son tailleur qui me fera une tenue à mes mesures. Ce sera moins cher, m'assure-t-elle.

Nous passons donc l'heure qui suit à faire déballer des mètres et des mètres de tissu. Tout est prévu pour être transformé en ensemble : un coupon uni qui servira pour le pantalon, un autre qui servira pour la longue tunique et un autre qui est une étole assortie. Le coupon destiné à la tunique est déjà en partie prêt : toutes les broderies sont placées sur le devant, il y a souvent une bordure dans le bas. Il ne reste plus qu'à mettre les côtés à la bonne taille. J'en ai plein les yeux de couleurs vives, de broderies, de perles, de paillettes et je ne sais pas quoi choisir. Je me décide finalement pour en ensemble bleu :

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Lundi, après le travail, Charu m'emmènera chez son tailleur pour qu'il m'en fasse un ensemble. J'en ai eu pour 44 euros de tissu, ce à quoi je devrai ajouter 400 roupies (un peu moins de 6 euros) pour le tailleur. 

Pour tous les jours, j'ai quelques kurti un peu plus ordinaires :

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