Knitting Noro

J'ai commencé ce gilet le 14 janvier, avec l'intention de le terminer avant la fin de l'hiver. Le tricot a fait un petit voyage dans les Alpes, mais ce n'est pas pendant mon séjour à la montagne qu'il a beaucoup avancé. Mais les températures hivernales étant encore au rendez-vous en cette mi-mars, j'ai quand même réussi à atteindre mon objectif et j'ai donc pu porter le gilet durant les quelques derniers jours d'hiver, ce qui a été d'autant plus appréciable que nous avons eu de la neige et des températures encore bien hivernales, même si le calendrier nous disait « ça y est, c'est le printemps ».

Pour le modèle, je me suis basée sur le Basic jacket de Jane Ellison, paru dans le catalogue Knitting Noro. Le modèle original est tricoté en Noro Kochoran, un mélange 50% laine, 30% angora, 20% soie. Inutile de vous dire que c'est une laine très douce et agréable à tricoter. De plus, avec des aiguilles n° 6, le tricot monte assez vite.

Le modèle n'a rien de particulièrement difficile. C'est un gilet avec des manches montées, une bande de boutonnage devant, une forme droite et un décolleté en V. Tout ce qu'il y a de plus classique. Ici, toute la fantaisie est dans la laine et un modèle en jersey tout simple suffit à la mettre en valeur. Ce n'est pas parce que le modèle est simple qu'on peut se passer de l'adapter à ses mesures. C'est même indispensable quand on réalise un modèle japonais et qu'on fait une taille 42 ou plus, car ces modèles sont souvent donnés pour un petit gabarit et même souvent en une seule taille. Ici, l'adaptation n'est pas difficile car la forme et le point sont simples. Je me suis basée ici — pour la largeur et la hauteur du gilet — sur des tricots qui me vont bien.

Bordure : des côtes plutôt que du jersey

Le modèle original n'a pas de bordure dans le bas du tricot : tout est tricoté en jersey, dès le premier rang, aussi bien pour le corps que pour manches. J'ai préféré faire quelques centimètres de côtes 2/2 pour éviter d'avoir un bord qui roule et donner ainsi un aspect plus fini à l'ouvrage.

Pour monter les mailles, j'avais l'habitude d'utiliser le montage tubulaire (voir l'explication en vidéo sur le site de Drops), bien adapté lorsqu'on commence par des côtes 1/1. Il n'est cependant pas adapté à tout, et comme il existe une grande variété de styles de montage, cela vaut la peine d'en expérimenter quelques-unes et de voir si elle sont adaptées à ce que l'on veut en faire.

Ma préférence va maintenant au montage twisted german cast-on (je ne connais pas le terme en français), qui est un montage très élastique, qui rend très bien pour une bordure en côte. C'est une variante du long tail cast-on (dont je ne connais pas non plus le terme en français).
Il est expliqué en vidéo sur http://www.youtube.com/watch?v=BfFadEumBak. Les commentaires sont en anglais, mais les images se suffisent à elles-mêmes.

simple-jacket-bord-cotes.jpg

J'ai tricoté la bordure de l'encolure un peu plus large que celui du modèle. Cela permet d'avoir une bordure qui se tient bien et qui n'est pas trop étroite par rapport aux boutons. Lorsqu'on tricote une bande comme celle-ci, on peut soit relever des mailles tout au long de l'encolure puis tricoter quelques centimètres et rabattre, soit tricoter la bande séparément puis la coudre sur le gilet. Je préfère cette deuxième méthode car elle donne plus facilement un joli résultat :

  • Il est plus facile de monter les mailles pour avoir un résultat net et élastique (en particulier si l'on utilise la méthode décrite plus haut) que de les rabattre pour avoir le même résultat ;
  • Le bord de la bande de boutonnage a ainsi le même aspect que le bord du bas du gilet puisqu'on a utilisé la même méthode ;
  • La bande de boutonnage étant cousue au gilet maille par maille au point arrière, cela donne un résultat très régulier, plus facile à atteindre qu'en relevant des mailles sur le tricot.

simple-jacket-bande-boutonnage.jpgPour que la bordure soit à la bonne longueur, il faut mesurer précisément la longueur du bord. En prenant comme base les côtes du bas du gilet, on peut facilement calculer le nombre de mailles à monter. Faisant cela, il faut tenir compte du fait que les côtes sont élastiques : si l'on tire trop les côtes, le devant du gilet aura tendance à froncer au niveau du boutonnage, et si l'on ne tire pas du tout, on aura une bande de boutonnage qui aura tendance à gondoler. Il faut donc tirer sur les côtes juste assez pour avoir un résultat intermédiaire. Pour savoir quelle est la bonne option, rien de tel que de faire un échantillon. Eh oui ! Un échantillon, ça peut aussi servir à améliorer les finitions de son tricot ! Pour cela, tricoter par exemple une bordure d'environ 20 cm de large et faire des essais de couture sur le bord du gilet. On verra tout de suite quelle tension des côtes donne le meilleur résultat. Cela prendra peut-être une heure, mais cela en vaut la peine car une bordure mal ajusté rendra moche n'importe quel joli tricot.

Dans le cas de ce gilet, pour éviter d'avoir trop de mailles sur mon aiguille (n'étant pas une adepte des aiguilles circulaires), j'ai tricoté la bande en deux morceaux, que j'ai assemblés au niveau du dos. Cela a aussi d'autres avantages. La première partie était celle qui n'a pas de boutonnières. Une fois cette partie tricotée, je l'ai assemblée sur le corps du gilet en cousant maille par maille. Pour pouvoir assembler maille par maille, j'avais donc pris soin de terminer ma bordure par un rang endroit sur l'endroit, puis deux rangs avec une laine différente. Ces deux rangs sont ensuite détricotés au fur et à mesure que je couds la bordure.

Une fois cette première moitié de bordure fixée sur le bord du gilet, j'ai pu noter de manière précises à quels endroits je devrais faire les boutonnières, en mettant des épingles sur la bande déjà tricotée et cousue.

J'ai pu également ajuster au mieux le nombre de mailles à monter pour le deuxième morceau de la bande, en faisant attention à avoir, dans le bas du gilet, une bordure commençant par 3 mailles endroit (dont 1 maille lisière). Les deux bandes sont donc symétriques :

Boutonnières

Pour les boutonnières, j'ai suivi les conseils dont j'avais parlé il y a peu de temps et qui consistent à faire les boutonnières sur un seul rang. Avec cette méthode, on obtient une boutonnière bien nette qu'il n'y a pas besoin de renforcer.

Ici, j'ai fait les boutonnières sur 5 mailles. 

simple-jacket-boutonniere.jpg

Le résultat est un gilet très confortable, très chaud et très doux.
simple-jacket.jpg